Mar 13

Gérer les silences du recruteur

photo silence

Le silence du recruteur lors d’un entretien d’embauche est souvent source d’inquiétudes pour le candidat qui l’interprète comme un mauvais signe.

Comprendre ce silence, être capable de le « supporter » psychologiquement est le but de cet article.

Je distingue trois types de silences :

 

1 – Il y a tout d’abord le silence de celui qui après vous avoir écouté prend le temps de réfléchir à ce qu’il vient d’entendre.


Êtes-vous le candidat qui correspond le mieux aux attentes de l’entreprise ? Le chargé de recrutement a besoin d’y réfléchir, et d’ajuster l’entretien en fonction de vos propos. Ce silence de quelques instants lui permet tout simplement d’assimiler ce que vous venez de dire.
Rien de plus agaçant lorsque vous essayez de réfléchir, d’être interrompu dans votre pensée. Mon conseil : taisez-vous et attendez simplement qu’il poursuive l’entretien.

 

2 – Il y a d’autre part, le silence utilisé comme une « technique » pour pousser le candidat à dévoiler ce qu’il n’a pas dit jusque-là…


J’utilise fréquemment ce procédé dans les entretiens que je conduis et il est assez efficace.
Il faut comprendre le DRH : lorsque le candidat est bien préparé ses phrases sont rodées, presque du par cœur. Cela manque parfois d’aspérités et ne permet pas d’entrevoir qui est vraiment la personne qui est en face de vous. Rien de tel, face à une machine bien huilée, que de créer un petit déséquilibre. Le silence est pour cela un excellent allié, et quelques petites secondes (entre 3 et 5) suffisent en général amplement.
Le candidat, après avoir débité son discours, prend le risque de rompre le silence du DRH par une intervention non préparée. Et lorsqu’il s’expose, c’est parfois pour le meilleur et souvent pour le pire… Mon conseil : tourner sept fois votre langue dans votre bouche avant de parler !

 

3 – Enfin, il y a le silence « manipulateur »…


…volontairement long, limite vicieux. Je ne parlerais d’ailleurs pas de silence mais plutôt d’une suspension imposée par le recruteur, d’un face à face sans parole. Selon ses adeptes, cette interruption de l’échange permettrait de tester le calme et la capacité de gestion du stress du candidat.
Ne laissez pas un silence durer plus d’une dizaine de secondes. Dans ce cas, avec un flegme tout britannique et sans montrer le moindre signe d’inquiétude, rompez-le silence en interrogeant le recruteur s’il est satisfait de votre réponse ou bien s’il désire un complément d’information. Il appréciera alors votre capacité à subir l’épreuve…
Vous aurez compris que je n’apprécie pas cette technique qui est utilisée comme un moyen de tester les capacités psychologiques et nerveuses du candidat.
C’est le seul cas, où je vous invite sans hésitation à mettre fin en silence, mais sans pour autant faire preuve de bavardage. Soyez pro !

Maintenant que nous avons identifié les différents types de silence, il me semble important de préciser ma fréquence d’utilisation de chacun d’entre eux : je me tais essentiellement pour réfléchir, et c’est seulement une à deux fois par entretien que je le fais volontairement, pour pousser le candidat à me donner un peu plus de lui-même.

Désormais, vous n’avez plus aucune raison d’avoir peur des silences lors des entretiens d’embauche. Je dirai même, que ce sont autant d’opportunités offertes au candidat pour respirer, vérifier qu’il n’a pas oublié un point important, et pour préparer la suite de l’entretien.
Et pour finir, un proverbe japonais pour poursuivre la réflexion !

« Avant de parler, assure-toi que ce que tu as à dire est plus important que le silence » …!

Mar 13

Entretien d’embauche chez IKEA

Voilà un entretien d’embauche qui a le mérite d’être instructif et qui permet de connaître les compétences du demandeur d’emploi en situation réelle !

Mar 13

Que faire de ses mains pendant un entretien d’embauche ?

Vous conviendrez avec moi, que dans votre vie courante (en dehors d’un entretien d’embauche) vos mains ne vous posent pas de problème. J’espère sincèrement que c’est bien le cas pour vous…

Ne pas savoir quoi faire de ses mains pendant l’entretien d’embauche est une manifestation du stress, de l’anxiété.

La chose la plus simple à faire, est de tranquillement les poser en début d’entretien sur la table, vos cuisses ou les accoudoirs de votre chaise comme vous le feriez naturellement, et de les oublier.
Si lors de l’entretien, vos mains quittaient cet endroit pour illustrer et appuyer vos propos, alors n’en ayez aucune inquiétude vous n’en seriez que plus convaincant. Laissez-les vivre leur vie et s’exprimer si elles le souhaitent, puis lorsqu’elles ont terminé leur « show », vous les poserez peut-être là d’où elles viennent, mais dans tous les cas n’en faites pas une préoccupation.

Car à contrario, si pendant toute la durée de l’entretien, vous-vous concentrez sur vos mains, cela vous coutera beaucoup d’énergie qui serait mieux mise à profit en écoute du recruteur et pour parler de vous.

Je ne suis pas un spécialiste du langage corporel, mais il semblerait que certains gestes, notamment des membres supérieurs, puissent dévoiler une partie de notre personnalité : croiser les bras (signe de fermeture), mettre la main (le doigt) devant la bouche (déformation de la vérité), poser les coudes sur le bureau (personne envahissante), se caresser les cheveux ou tapoter sur la table (personne angoissée).

Mon conseil est qu’il ne faut pas s’en inquiéter. D’abord, peu de DRH sont spécialistes de ces sujets et d’autre part aucun de ces gestes n’est rédhibitoire et pourrait à lui seul vous empêcher d’avoir un poste. Ouf !

Mar 12

Quels sont les signes qui devraient nous suggérer la nécessité d’un changement de poste ? !

Commençons par le début : quels sont les signes qui devraient nous suggérer la nécessité d’un changement de poste ?

Il y a des SIGNES ÉVIDENTS de mal-être au travail, et face auxquels une décision rapide s’impose.
En voici quelques exemples :
– manque d’enthousiasme à se rendre au travail,
– absence de plaisir à travailler,
– sentiment de perdre son temps,
– le travail paraît sans intérêt,
– sentiment de sous-utilisation de ses compétences,
– ambiance insupportable,
– charge de travail trop lourde
– stress permanent,
– absence de valorisation, etc…

Si un seul de ces ressentis est éprouvé, je ne vois que deux solutions : soit, il est possible de changer de manière profonde le travail actuel (en changeant de service par exemple), et il faut le faire immédiatement, soit si toute perspective d’amélioration est impossible, il est urgent de redevenir actif sur le marché du travail.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, un mal-être au travail conduit peu souvent à la décision de chercher immédiatement ailleurs. En effet, cette décision, qui sera vécue comme un échec autant qu’une délivrance, sera précédée de périodes d’incrédulité et d’espoir d’amélioration. C’est humain, mais c’est un très mauvais calcul. La souffrance accumulée abîmera la personne (sentiment d’échec, manque de confiance en soi) et face à la terrible concurrence du marché du travail, ce sera un sérieux handicap.

Vous l’aurez compris, LE BON MOMENT POUR QUITTER SON POSTE C’EST DE LE FAIRE AVANT D’ETRE COMPLÈTEMENT DANS UNE IMPASSE, QUAND ON EST ENCORE FORT PSYCHOLOGIQUEMENT, QUAND ON A ENCORE CONFIANCE EN SA VALEUR.

Quels sont donc les signes PRÉCURSEURS qui doivent nous alerter ?

1/ Identifier une souffrance dès son commencement.
Si le travail génère une souffrance, il faut IMMÉDIATEMENT être vigilant sur ce phénomène, et s’interroger sur son intérêt à y rester. Il ne faut pas accepter un mal-être, sans être certain que cela puisse s’arrêter rapidement (exemple : la mutation de votre responsable dans 6 mois, peut permettre de tenir, si le problème vient de lui).

2/ Est-ce que je continue à me développer dans mon poste ?
Si votre hiérarchie continue à vous former et à vous confier régulièrement de nouvelles responsabilités, c’est parfait.
Si par contre vous maîtrisez chaque rouage de votre poste, sans aucune nouvelle perspective à l’horizon, ce n’est certes pas désagréable (c’est même parfois confortable), mais à la longue l’absence de nouveauté et de stimulation pourrait vous ennuyer…

3/ Faites régulièrement un bilan objectif de votre poste.
Il est sain d’examiner de temps à autre la proportion de tâches que l’on aime faire et celles qui nous rebutent dans notre poste. Pour ces dernières demandez-vous si vous avez la possibilité de ne plus les faire. Si elles représentent un pourcentage important et qu’il est impossible de les déléguer, ce n’est pas bon signe…

4/ Demandez-vous où en sont vos camarades de promo ou vos anciens collègues de travail.
S’ils ont des responsabilités largement supérieures aux vôtres, il est peut-être temps de rechercher un nouveau travail, et de vous remettre dans la course.

5/ Avez-vous été augmenté ?
Votre responsable ne vous a pas augmenté depuis plus de 3 ans ? Soit il ne vous trouve pas performant, soit votre entreprise est sur une mauvaise pente. Bon signe pour penser à changer d’entreprise.

6/ Quel est le taux de turn-over de votre entreprise ?
Un taux de turn-over important est un bon révélateur que quelque chose ne fonctionne pas bien dans votre entreprise. C’est un signal y compris pour vous…

CONCLUSION : il est tout à fait sain et même nécessaire de s’interroger RÉGULIÈREMENT (au moins une fois par an) sur le plaisir que l’on éprouve au travail, et sur ses perspectives. La difficulté majeure de l’exercice est que le bon moment pour partir, est celui qui précède les symptômes de désamours, quand on a encore une pleine confiance en sa valeur… et qu’on n’a pas vraiment l’envie de partir !!

Il faut faire preuve d’une très grande lucidité, de force d’anticipation et de détermination pour quitter son travail au bon moment. Mais réussir à partir au bon moment vaut la peine, car cela permet de maîtriser son destin, d’être plus exigeant dans son choix et de mieux réussir ses entretiens d’embauche.

Et vous qu’en pensez-vous ?
Identifiez-vous d’autres signes sur lesquels il faudrait être vigilant ?
Faites-vous régulièrement le bilan de votre situation professionnelle ?